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Un « Projet Luciole » complètement allumé à découvrir au Monfort

26 Jan

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La pensée sort des pages, se dit, se dialogue, et s’incarne à travers deux comédiens vivaces en ce moment au Monfort. Nicolas Bouchaud y discute philo avec Judith Henry. Habités, enjoués, ils se de révoltent ou s’ apaisent dans cette traversée des penseurs contemporains, d’Orwell à Baudrillard ou encore Pasolini. Les concepts de « Survivance », d’ « Être avec », ou de « Spectacle »… s’abordent sur tous les tons, en scène d’amour ou de disputes, s’entrecoupent de silences poétiques autant qu’ils inspirent des élans Rock’n Roll, et n’auront jamais semblé si propices à une sérieuse fantaisie. Au didactisme, la pièce préfère la pensée en mouvements. Et alors les lucioles, qui symbolisent la joie et le désir qui illuminent amis et amants au cœur de la nuit, se mettent à briller sur scène.

 

Projet Luciole. Mise en Scène Nicolas Truong. Jusqu’au 15 février 2014.

Du mardi au samedi à 19h30

Théâtre Monfort, 106 rue Brancion 75015 Paris. M°Porte de Vanves ou Tramway 3 Brancion.

Places à partir de 13€

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La thérapie du chamallow : sweet comedy

25 Août
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Lisa et Charlie partagent le même appartement. L’une est portée sur le yoga et a un mec plus ou moins sympa, l’autre est portée sur la Vodka et a des plans sorties plus ou moins… moins. Deux filles que tout oppose rassemblées pour offrir des tranches de vies savoureuses à souhait.

Entre confidences farfelues, piques affectueuses, interprêtations de rêves douteuses, on découvre le quotidien de Lisa et Charlie le sourire aux lèvres et le rire au coeur.  Chaque situation, touchante et hilarante, nous rappelle un peu de nous. Surtout dans ce climat « cosy » crée par une mise en scène intimiste et par deux comédiennes qui ne manquent ni de complicité ni de générosité. En bref, « La thérapie du Chamallow » est une comédie gourmande et colorée qui rafraichira votre été et réchauffera votre rentrée. A voir à la Comédie des 3 bornes tous les dimanches et lundis à 21h30.

http://www.billetreduc.com/85128/evt.htm 

 

  • Auteur :
    Nicolas Lumbreras
  • Metteur en scène 
    Noémie DE LATTRE
  • Avec :
    Alexandra Moussai et Maud Dreyer puis Laetitia Vercken
     

   

 

Le retour : bienvenue chez les monstres à l’Odéon

29 Oct

« Mes fils, ces trois bâtards »

Si après avoir vibré langoureusement au son des XX et avoir éclaté de rire à la vue de Pauline Détective (cf. précédents billets), vous ressentez comme un besoin de revenir à des choses un peu plus sérieuses, vous pouvez réserver votre place pour le Retour, pièce de Pinter mise en scène par Luc Bondy à l’Odéon.

Le tout nouveau directeur du Théâtre de l’Europe commence  fort avec ce tableau familial qu’on pourrait comparer à ceux d’Edward Hopper (à voir en ce moment au Grand Palais soit dit en passant) : couleurs profondes mais froides, personnages dépendants les uns des autres mais complètement désolidarisés. Parce qu’il n’est pas reposant de passer une soirée dans cette maison où le père tyran détruit un peu de tout, où les fils comme l’oncle vaquent à leurs occupations sans vraiment combler le néant, où rien  ne se passe vraiment. Jusqu’au retour du 3ème fils, accompagné de sa femme. Qui sera bien vite considérée et transformée sans grande résistance en putain. Pas si surprenant quand on pense que la mère – aujourd’hui absente, n’est évoquée que comme telle. Tout est alors en place pour donner à voir les ignominies amenées par la quête du pouvoir sur l’autre, du côté masculin comme féminin. Violence des mots, sexualité des corps, tous les moyens de domination sont bons, et provoquent d’inquiétantes jubilations.

Une famille cruelle et bizarre dans une atmosphère oppressante et glauque : la charge de Luc Bondy était lourde pour faire malgré tout sentir l’humour irrésistiblement grinçant de Pinter, et  pour rendre l’obscène visible sans en faire preuve. Et malgré un rythme parfois pesant, il s’en sort plutôt bien. Dans l’expectative un long moment, on s’enfonce peu à peu et chaque fois plus dans le sordide, mais sans que jamais cela en ait l’air. Les sombres desseins se cachent derrière le coloré puissant de la scénographie, l’absurde amusant du grand fils, la dédramatisation permanente dans l’interprétation. C’est très finement mené, donc, et l’on n’en reçoit que mieux l’aberration finale. Chaque personnalité quelque peu détraquée, bien campée par les pointures en présence (Bruno Ganz, Pascal Greggory, Louis Garrel, Micha Lescot…) ouvre son monde solitaire, et on plonge. Le plus grand regret restera les moments où Emmanuelle Seignier se repose sur l’intensité de sa présence, et elle n’est pas la seule.

Dérangeante, sidérante, la guerre sourde qui se mène sans merci dans Le retour laisse quoiqu’il en soit sans voix. Bienvenue dans l’avènement des monstres.

Du 18 octobre au 23 décembre 2012 à 20h.
 Théâtre de l’Odéon. Places à partir de 6 €.

Déshabillez mots : pièce à croquer

8 Juin

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« Ce soir sur le plateau de Déshabillez mots, nous devions recevoir le Désir. Il est venu. Puis il est reparti. Je ne sais pas ce qui se passe avec ce mot, mais on ne peut vraiment pas lui faire confiance »

Si un mot s’incarnait dans un être, à quoi ressemblerait-il? Que penserait-il? Comment vivrait-il la façon dont il est vu, utilisé, aimé ou au contraire ignoré, passé sous silence?

Plusieurs réponses se trouvent dans « Déshabillez mots », ou les deux comédiennes Léonore Chaix et Flor Lurienne interprêtent tour à tour, et avec un panache contagieux, la Paresse, qui « n’est pas fatiguée qu’on la montre toujours du doigt puisque ce sont les autres qui bougent et pas elle »; l’Amertume, qui compte « créer une fréquence radio sur laquelle on est sûr de recevoir de mauvaises ondes »; l’Abolie (= incapacité à prendre une décision), qui accouche enfin d’un NON de 4,5 kg après être passée dans la machine à tergiversations; le Pusanillisme (= lâcheté) qui n’en peux plus qu’on se serve d’elle en permanence, mais sans jamais oser prononcer son nom si difficile à dire… Mais il y a aussi le Secret, la Colère, la Procrastination, la Virilité, le Déclic, les Ponctuations, et tant d’autres mots qui prennent chair et font part de leur ras le bol, de leurs peurs, de leurs envies, de leurs vies.

Avec finesse, fantaisie et légèreté, les mots se livrent à nous lors d’interviews hors du commun, et révèlent aussi une part de nous-mêmes, car qui ne se reconnaîtra pas dans ces mots devenus humains ?

L’originalité du texte, le talent de l’interprétation et l’humour décapant du tout font de « Déshabillez mots » une pièce tout simplement à croquer. 

Extraits à voir et revoir ici !

 

Déshabillez mots, de et avec Lénonore Chaix et Fior Lurienne. Mise en scènce Marina Tomé.

Du mardi au Samedi à 20h30. Dimanche à 16h. Studio des Champs Elysées –  15 Avenue Montaigne Paris 8è – Métro Alma Marceau. Durée : 1h30

www.deshabillez-mots.com

Places dès 18€ sur Billetreduc.com et à 10€ du mardi au jeudi pour les moins de 26 ans.

Hollywood : brillante comédie

24 Mar

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Imaginez un producteur mégalo, un scénariste cynique et un caméraman  bras-cassé qui ont 5 jours pour écrire le scénario d » ‘Autant en emporte le vent », adapté d’un pavé de 10 tomes… Ça donne une comédie réjouissante et hilarante : « Hollywood », au Théâtre du Gymnase.

Tout commence sur le drame d’un des plus grands producteurs des années 40, qui doit réécrire en urgence le scénario beaucoup trop long du film issu d’un roman fleuve. Il  convainc presque malgré eux 2 acolytes du métier de participer au projet en échange d’un gros chèque. Le deal : ils ont 5 jours montre en main, enfermés dans un bureau avec pour seul ravitaillement des cacahuètes et des bananes, pour boucler le scénario d’une oeuvre qui deviendra culte. Le problème, c’est que le scénariste qui n’a pas lu une page du bouquin ne comprend rien à l’histoire, voit en Scarlett O’hara une effarouchée xénophobe, tandis que le producteur et le caméraman se voient contraints de jouer devant lui, bien laborieusement, les scènes à écrire.

Les 5 jours d’enfermement, s’ils deviennent un supplice pour les 3 collègues, sont un régal pour le spectateur qui se délecte aussi bien des situations absurdes que du jeu bien rythmé de Thierry Frémont, Samuel Le Bihan et Daniel Russo, celui-ci obtenant la palme pour son interprétation énergique où chaque réplique fait mouche.

Hollywood rejoint ainsi les comédies où l’ont rit aux éclats sans passer par un humour graveleux ou facile. En un mot : brillant.

 

Jusqu’au 1er avril au Théâtre du Gymnase – 30 Bd de Bonne Nouvelle 75010 Paris

Du mardi au dimanche à 21h. Matinée supplémentaires en week-end à 16H et 17h. Places à partir de 20€.

De Ron Hutchinson, Adaptation de Martine Dolléans 
Mis en scène par Daniel Colas. Avec Daniel Russo, Thierry Fremont, Samuel Le Bihan, Françoise Pinkwasse

Plus d’infos sur le site du Théâtre du Gymnase

« La douleur » au Théâtre de l’Atelier:pour une fois, souffrir est un plaisir

24 Sep

Pour 30 reprises exceptionnelles, la comédienne Dominique Blanc s’empare des planches du Théâtre de l’Atelier pour interprêter La douleur. Elle y sert magistralement le texte de Marguerite Duras, qui livra dans ce journal la longue attente du retour du camp de Dachau de son mari Robert L , au printemps 1945, alors même qu’elle ignore s’il est encore vivant.

Le texte est âpre, dur, dissequant une souffrance dont on ne sait pendant un long moment si elle aura un remède. La fine mise en scène signée Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang fait écho de ce chaos à travers un décor épuré, laissant entrevoir les coulisses du théâtre – dans un désordre à l’image des pensées envahies par la solitude.

Au coeur de ça se tient Dominique Blanc. Précise, sèche, elle incarne la douleur qui la dévore avec une violence saisisante. Comme un cri sourd, elle livre un quotidien qui aurait pu ne faire d’elle qu’un fantôme, entre l’attente quotidienne des trains de déportés en gare d’Austerlitz et les amitiés qui ne suffisent plus à apporter un semblant de vie. 

S’il est difficile de rentrer dans la pièce et d’en appréhender le rythme – lent et longtemps linéaire – elle laisse sous le coup d’un électrochoc. Une vraie leçon de théâtre donc (Dominique Blanc a été récompensée en 2010 par le Molière de la meilleure comédienne), où pour une fois, on peut aimer souffrir…

 

Jusqu’au 22 octobre au Théâtre de l’Atelier (métro Abbesses ou Anvers) – Du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 18h. Places de 10€ à 33€.

« Sortir de sa mère »: beau bébé du Avignon Off

25 Juil

Petites rues provençales, sourires ensoleillés, royaume du théâtre: Avignon est une ville unique et singulière, au sommet de son art en juillet. Alors que le Festival d’Avignon « In » vient de baisser le rideau sur un nouveau succès, avec 93 % de billets vendus sur les 138 000 places proposées, le Festival « Off » continue jusqu’au 31 et présente plus de 1 000 spectacles à toute heure du jour et (presque) de la nuit.

Il y en a donc pour tous les goûts: du drame, du comique, du boulevard, de la Comedia dell’arte… On peut y voir du Sophocle revisité en critique de la politique actuelle, du Feydeau version eighties, du Shakespeare en fanfare.

Et surtout, on peut y voir une belle pièce qui sera à ne pas manquer lors de son retour à Paris:

Sortir de sa mère de Pierre Notte

Pierre Notte y reste fidèle à l’un de ses thèmes de predilection: la famille, avec ses amours et ses haines. Dans « Sortir de sa mère », les projecteurs se tournent vers le frère et la soeur, amis autant que rivaux, solidaires autant qu’egoïstes. Entre un père absent et une mère sujette aux absences de mémoire, les liens s’emmêlent et il faut pourtant bien s’en sortir…

Mais rien de sordide dans cette pièce. Entrecoupée de passages chantés, elle se balade au contraire entre poésie et acidité, humour et désarroi, mais toujours avec une tendresse qui fait tout le style de Pierre Notte. On passe d’un univers à l’autre – la plage où se perd la mère, l’appartement hérité du père, le lac glacé où se jouent les jeux dangereux… – avec des accessoires et un décor minimalistes, puisque tout repose sur le talent des deux comédiens, Brice Hillairet et Chloé Oliveres.

Préparez vous à être touchés par leur galerie de personnages, et à rire de votre envie de pleurer face à ce joli bijou d’humanité.

A 18h20 au Théâtre des 3 soleils, 4 rue Buffon. 17€ – 12€ avec la carte Off (carte à 14€ qui offre 30 % de réduction sur tous les spectacles)

Toutes les infos ici

 

 

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