Tag Archives: Cinéma

Pauline détective : sur les traces du rire

18 Sep

 

« On t’a invitée ici pour que tu te reposes, alors les meurtres, les psychopathes, les bébés congelés, là, toutes ces merdes qu’on trouve dans ton torchon, tu mets ça de côté »

Tous ceux qui seront en manque de soleil à l’automne pourront se ruer dans les salles voir « Pauline détective », comédie haute en couleurs sur les écrans dès le 3 octobre (et oui, maintenant,  j’ai des invitations aux avant-premières, je ne plaisante plus…!)

Kitch, rythmée et déjantée, la dernière réalisation de Marc Fitoussi – qui avait déjà fait part de son amour du fantasque dans « Copacabana », offre à Sandrine Kimberlain (Pauline) et Audrey Lamy (Jeanne) des rôles sur-mesure. Journaliste pince sans rire parano pour l’une, petite sœur incorrigible peste pour l’autre :  les deux font la paire dans ce polar quasi parodique. Car tout est tourné en dérision dans Pauline détective. Les vacances des deux sœurs se révèlent une succession de catastrophes, l’obsession de Pauline pour les meurtres devient une psychose comique, ses accidents se transforment en péripéties insolites, et ses échanges avec Jeanne tournent systématiquement en sketch mordants. C’est donc une fantaisie assumée et stylisée qui prime, dans le scénario, les dialogues et la réalisation quadricolor version 60s.

Le tout donne une comédie enlevée qui agacera les spectateurs adeptes du 1er degré mais enchantera au plus haut point les amoureux du décalé, l’enquête étant vraiment… à mourir de rire.

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Du vent dans mes mollets : la grande bouffée d’air frais

28 Août

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« Du vent dans mes mollets » est un petit bijou en cristal coloré. L’enfance y apparaît avec une tendresse et une fantaisie qui ne masquent pas pour autant la tristesse dont elle doit parfois être sauvée.

Rachel regarde la vie se dérouler avec ennui, élevée et aimée par des parents qui la voient peut-être un peu trop adulte – une brochure de dons pour les enfants du Sahel comme cadeau d’anniversaire…ce n’est pas vraiment réjouissant quand on a…9 ans. Quand elle rencontre Valérie, alter-ego espiègle et emplie de vie, c’est une porte qui s’ouvre en grand vers le jeu et l’émerveillement. Qui n’est au final pas réservé aux seuls enfants…

Ce délicieux éveil à la joie gratuite et pure, aux sentiments simples, est filmé par Carine Tardieu dans un univers un rien onirique, avec des psys – loufoques – et des profs – pour le moins libérées – qu’on croirait tout droit sortis d’un conte de fées moderne. Nous voilà nous aussi avec des yeux d’enfant, savourant l’humour et les situations cocasses, capables pourtant de comprendre tout ce qui se joue dans la relation avec les parents, dans l’amitié et dans l’apprentissage. Entre le potentiel comique d’Agnès Jaoui, le rayonnement d’Isabelle Carré, la maladresse de Denis Podalydès, et la spontanéité touchante des deux enfants, la distribution sert le tout. Les longueurs et le montage parfois diffus se font donc vite pardonnés.

En résumé : une petite brise d’air frais, qui invite à redevenir chaque jour un enfant, mais un peu plus grand.

Louise Wimmer, rencontrez une femme (pas) comme les autres

10 Jan

 

« -Et ne soyez pas arrogante!

– Je suis pas arrogante je suis à bout! »

Louise Wimmer résonne comme le pseudo d’une star américaine ou d’une femme dont on parle à la une du JT. Pourtant c’est juste le nom d’une « sans domicile fixe » qui essaie de s’en sortir comme elle peut entre son travail qui ne suffit pas, sa demande de logement qui s’éternise, le regard fuyant de sa fille et les hommes qui voudraient aimer celle qui ne s’aime pas…

On se passionne pour le quotidien de Louise, finement filmée par Cyril Menneguin, et interprêtée avec beaucoup de fragilité – ou de force on ne sait plus ! – par Corinne Masiero. On vit avec elle, on prie pour que ça marche, et le talent du film est qu’on réalise à quelle point Louise Wimmer, ça aurait pu être une autre femme, un autre homme, nous comme quelqu’un d’autre. Le film sort du mythe de nombreux clichés pour mettre en lumière le visage qu’il y a derrière.

Beaucoup d’humanité, de simplicité, tout ça très loin de l’ennui. Louise Wimmer, c’est  une belle femme à rencontrer sur tous les écrans.

Bande-Annonce ici

 

 

Beginners: le début de la faim

29 Juin

« -On fait quoi maintenant?

– Je ne sais pas. C’est quoi le mode d’emploi? »

Beginners est tout en contraste. Ses avantages sont des inconvénients, et inversement. Exemples:

1- Il y a Mélanie Laurent dedans (mais là elle est bien)

2 – Ca vous fait croire que l’âme-soeur arrive dans votre vie exactement au moment où il faut, qu’elle dit exactement ce qu’il faut, quand il le faut, de la façon dont il le faut, avec le sourire qu’il faut, les chaussettes qu’il faut, la mèche de cheveux placée où il faut etc. (mais bon ça peut aussi arriver dans la réalité…ou pas)

3- C’est tellement beau que ça vous donne le bourdon (mais en même temps c’est drôle)

Donc il faut bien trancher. Et là, Ewan Mc Gregor et toute la sensibilité du film font la différence.

Beginners possède un côté unique, une humanité, un humour, une vérité à la fois fantaisiste et réaliste. Une couleur intense juste ce qu’il faut pour faire sentir la faim de vivre qui brûle tous ses anti-héros. En fait, c’est un must.

Je vous laisse le plaisir de découvrir le pitch dans la bande annonce. Let’s begin!

Fall in love with Blue Valentine

19 Juin

« Je sais pas c’est un truc que je sens. Comme quand une chanson commence et que tu as envie de te mettre à danser »

Le Pitch : Dean et Cindy se sont aimés à la folie. Mais le temps a mal fait son travail (ou plutôt a fait son sale boulot…). Au moment où leur couple vacille, ils essaient de le sauver l’espace d’une nuit dans un hôtel.

Pourquoi ça buzz : Blue Valentine est construit sur un schéma de va-et-vient permanent entre passé et présent, en jouant sur la poésie de l’un et sur la violence de l’autre. Grâce à Ryan Gosling et Michelle Williams, à fleur de peau, il en ressort une intensité assez troublante. On reste en suspend tout au long du parcours de la passion à l’exaspération, parce qu’on VEUT savoir comment tout ça va finir presque autant que si c’était notre couple. L’effet de réalisme du film sans doute ? En tout cas Derek Cianfrance maintient une tension permanente dans chaque séquence, où l’on s’émerveille de la magie d’un amour qui se construit tout autant qu’on craint la seconde qui fera tout déraper, les gestes et les paroles irréversibles une fois ce même amour devenu impuissant.

En bref : Blue Valentine capte avec finesse l’essence d’une histoire passionnée et la restitue avec une justesse déstabilisante… En 3 mots (4?) : I’m in love.

1h54. Sorti en salles le 15 juin.

Medianeras : les autres comédies romantiques n’ont qu’à bien se tenir

5 Juin

 

« J’ai une espèce de gène boudhiste qui rend mes jours heureux, moins heureux, et mes jours tristes, moins tristes »

Le Pitch : 1 homme et 1 femme qui ne se sont pas encore rencontrés traînent leur solitude dans Buenos Aires. Lui est geek, un peu névrosé et réfléchit sans doute trop. Elle est architecte, claustrophobe et excédée par son voisin pianiste. Ils ont tous les deux un bon sens de l’auto-dérision.

Pourquoi ça mérite de buzzer : le scénario ultra-classique de Medianeras (murs mitoyens) est sauvé par le comique tordant des situations et par la poésie légère qui les habite. Pour son premier long métrage, le réalisateur Gustavo Taretto annonce la couleur de son style: créatif, critique et optimiste. Il y a pas mal de longueurs, mais le film reste le remède frais à toute crise de mauvaise humeur.

 En bref : une bonne occasion de se vacciner contre le cynisme, avec le sourire en prime.

Avec Pilar López de Ayala, Inés Efron. Sorti en salles le 1er juin. Durée : 1h35

 

The tree of life: chef-d’oeuvre imparfait?

22 Mai

« La seule façon d’être heureux c’est d’aimer. La vie passe en un éclair si l’on n’aime pas. Aime. Emerveille toi. Espère. »

Simultanément hué et acclamé  à Cannes lors de sa projection, le dernier film du réalisateur Terrence Malick – qui se distingue par sa rareté (5 films en quarante ans), n’a pas fini de partager les avis. Il vient pourtant de remporter la Palme d’or.

Le Pitch: The tree of life entrelace plusieurs époques de la vie d’une même famille: l’enfance de Jack (Sean Penn), marquée par la tyrannie d’un père obsédée par la perfection (Brad Pitt), la confrontation au deuil après la mort d’un de ses deux frères, la quête de sens une fois devenu adulte… Des moments entrecoupés d’une reflexion sur les lois de la nature, et de celles de Dieu, au sens large. Comment et à quel moment « naissent » vraiment les êtres en quelque sorte.

Pourquoi ça buzz…ou pas: il y a de nombreux moments de grâce dans ce film au style rarement expérimenté. Les images touchent au sublime, les questions métaphysiques posées sont loin de manquer d’intérêt, les acteurs sont impeccables. Mais, malheureusement pour le spectateur happé à certains moments du film, celui-ci vire parfois au délire new-age et s’apesantit sur les images de la Création qui finissent par désservir le propos au lieu de le soutenir. Dans ces passages symboliques, on se dit juste que Terrence Malick abuse du cannabis.

En bref: dommage que l’emphase du film l’empêche d’être le chef-d’oeuvre qu’il n’est pas loin d’être. Mais après tout, personne n’est parfait…sauf Brad, bien entendu.

Sorti en salles le 17 mai. Avec Brad Pitt, Jessica Chastain, Sean Penn… – 2h18

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