Tag Archives: Le grand buzzart

« Sortir de sa mère »: beau bébé du Avignon Off

25 Juil

Petites rues provençales, sourires ensoleillés, royaume du théâtre: Avignon est une ville unique et singulière, au sommet de son art en juillet. Alors que le Festival d’Avignon « In » vient de baisser le rideau sur un nouveau succès, avec 93 % de billets vendus sur les 138 000 places proposées, le Festival « Off » continue jusqu’au 31 et présente plus de 1 000 spectacles à toute heure du jour et (presque) de la nuit.

Il y en a donc pour tous les goûts: du drame, du comique, du boulevard, de la Comedia dell’arte… On peut y voir du Sophocle revisité en critique de la politique actuelle, du Feydeau version eighties, du Shakespeare en fanfare.

Et surtout, on peut y voir une belle pièce qui sera à ne pas manquer lors de son retour à Paris:

Sortir de sa mère de Pierre Notte

Pierre Notte y reste fidèle à l’un de ses thèmes de predilection: la famille, avec ses amours et ses haines. Dans « Sortir de sa mère », les projecteurs se tournent vers le frère et la soeur, amis autant que rivaux, solidaires autant qu’egoïstes. Entre un père absent et une mère sujette aux absences de mémoire, les liens s’emmêlent et il faut pourtant bien s’en sortir…

Mais rien de sordide dans cette pièce. Entrecoupée de passages chantés, elle se balade au contraire entre poésie et acidité, humour et désarroi, mais toujours avec une tendresse qui fait tout le style de Pierre Notte. On passe d’un univers à l’autre – la plage où se perd la mère, l’appartement hérité du père, le lac glacé où se jouent les jeux dangereux… – avec des accessoires et un décor minimalistes, puisque tout repose sur le talent des deux comédiens, Brice Hillairet et Chloé Oliveres.

Préparez vous à être touchés par leur galerie de personnages, et à rire de votre envie de pleurer face à ce joli bijou d’humanité.

A 18h20 au Théâtre des 3 soleils, 4 rue Buffon. 17€ – 12€ avec la carte Off (carte à 14€ qui offre 30 % de réduction sur tous les spectacles)

Toutes les infos ici

 

 

Publicités

Fall in love with Blue Valentine

19 Juin

« Je sais pas c’est un truc que je sens. Comme quand une chanson commence et que tu as envie de te mettre à danser »

Le Pitch : Dean et Cindy se sont aimés à la folie. Mais le temps a mal fait son travail (ou plutôt a fait son sale boulot…). Au moment où leur couple vacille, ils essaient de le sauver l’espace d’une nuit dans un hôtel.

Pourquoi ça buzz : Blue Valentine est construit sur un schéma de va-et-vient permanent entre passé et présent, en jouant sur la poésie de l’un et sur la violence de l’autre. Grâce à Ryan Gosling et Michelle Williams, à fleur de peau, il en ressort une intensité assez troublante. On reste en suspend tout au long du parcours de la passion à l’exaspération, parce qu’on VEUT savoir comment tout ça va finir presque autant que si c’était notre couple. L’effet de réalisme du film sans doute ? En tout cas Derek Cianfrance maintient une tension permanente dans chaque séquence, où l’on s’émerveille de la magie d’un amour qui se construit tout autant qu’on craint la seconde qui fera tout déraper, les gestes et les paroles irréversibles une fois ce même amour devenu impuissant.

En bref : Blue Valentine capte avec finesse l’essence d’une histoire passionnée et la restitue avec une justesse déstabilisante… En 3 mots (4?) : I’m in love.

1h54. Sorti en salles le 15 juin.

%d blogueurs aiment cette page :